Pourquoi respirer par le nez est essentiel
1. Filtration et purification de l’air
La cavité nasale est une structure complexe qui est la première
ligne de défense immunitaire (barrière mécanique et chimique) :
- Les poils (des cils vibratiles, les vibrisses)
et la muqueuse nasale retiennent poussières, allergènes, agents pathogènes
(bactéries, virus, …) et polluants.
- Le mucus contient des enzymes (lysozyme,
lactoferrine, défensines) aux propriétés antibactériennes et antivirales. [Watelet
& Van Cauwenberge, Allergy, 1999].
2. Réchauffement et humidification
L’air inspiré est réchauffé à
32–34 °C et humidifié à presque 100 %, cela protège la muqueuse respiratoire,
évite les microlésions terrain d’entrée pour les pathogènes. [Eccles, Respir
Physiol Neurobiol, 2000].
3. Production d’oxyde nitrique (NO)
Les sinus produisent de l’oxyde nitrique (symbole NO, aussi appelé monoxyde d’azote) lors de l’inspiration, un gaz éphémère soluble dans l’eau qui traverse facilement les membranes cellulaires et exerce ses effets :
- il dilate les vaisseaux sanguins (effet appelé vasodilatation) , ce qui améliore l’oxygénation des tissus, des cellules, et la production d’énergie au niveau de la mitochondrie, nos centrales énergétiques mais aussi au rôle métabolique et hormonal vital, actuellement au cœur de découvertes scientifiques.
- Il est aussi antimicrobien : le NO inhibe la prolifération bactérienne, virale et fongique. [ PMID : 15650225, Journal of Virology, Lundberg et al., Nat Rev Immunol, 2008].
- Il a un effet modulateur immunitaire : il régule l’immunité innée et adaptative. Il régule donc la réponse inflammatoire ; si la réaction inflammatoire est la réactionimmunitaire qui initie la défense et la réparation, lorsqu’elle se prolonge, ou qu’elle se chronicise, même à bas bruit (on parle d’inflammation de bas grade), elle fait le lit des maladies. [Coleman, Front Immunol, 2021]
4. Activation du diaphragme et du système parasympathique
La respiration nasale active le diaphragme, grand muscle respiratoire qui sépare l'étage thoracique (cardio-respiratoire) de l'étage abdominal (viscères et appareil uro-génital), semblable à un parapluie dont les mouvements ascendants et descendants activent de nombreuses fonctions (organiques, neurologiques, ...). Ce mouvement agit comme un piston qui aspire le sang pour faciliter son retour vers le coeur (phénomène actif contre la pression exercée par la force de gravitation), masse les organes (le foie en particulier), active le nerf vague.
La respiration nasale profonde
stimule le nerf vague, grand nerf du système nerveux autonome qui régule
nos fonctions dites végétatives (respiration, digestion, …), favorisant équilibre
immunitaire et nerveux (antistress, favorise détente, relaxation, réparation) [Jerath
et al., Med Hypotheses, 2006].
5. Amélioration du microbiote respiratoire
La respiration par le nez
favorise un microbiote nasal équilibré. Or, le microbiote nasal joue un rôle de
défense en occupant l’espace écologique contre les pathogènes , il est une “barrière
écologique” contre les agents pathogènes, similaire à l’effet du microbiote
intestinal [Man et al., Nat Rev Microbiol, 2017]. Il est interconnecté
avec tous nos autres microbiotes. Un microbiote nasal déséquilibrer (dysbiose
nasale) peut donc perturber le microbiote digestif. (j’en parlerai dans un
prochain article).
Conséquences de la respiration buccale
- Entrée directe d’air sec, froid et non filtré
, responsable d’irritation bronchique.
- Diminution du NO disponible : moins d’action
antimicrobienne, baisse de l’immunité locale.
- Perturbation du sommeil (ronflement, apnées) :
fatigue, troubles de l’humeur, baisse de la vigilance, immunité affaiblie et inflammation accrue
[Khalyfa & Gozal, Chest, 2018].
- Acidification de l’organisme via
l’hyperventilation : plus de stress inflammatoire et oxydatif.
- Activation du système orthosympathique (effets
contraires à ceux du nerf vague, lequel appartient au système
parasympathique) : mode stress, hypoventilation, acidification.
En résumé, le nez n’est pas seulement un conduit, mais un organe immunitaire à part entière.
Respirer par le nez :
- protège des infections (barrière mécanique +
chimique),
- module l’inflammation,
- améliore l’oxygénation et donc la vitalité
cellulaire,
- soutient le microbiote respiratoire,
- soutient la santé respiratoire,
- équilibre le système nerveux autonome, clé d’une immunité
efficiente,
- protège le système nerveux et le cerveau (je publierai un article à ce sujet prochainement).
- L’hygiène nasale est donc fondamentale pour l’équilibre immunitaire en particulier, mais aussi global (respiratoire, digestif, neurologique, cardiovasculaire, ...).
Respirer par la bouche, surtout de
façon chronique, revient à désactiver une partie essentielle de nos défenses
naturelles.
Prenez soin de votre nez et de votre respiration,
Nancy
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